Pour relier mon petit coin de paradis campagnard à mon grand bureau citadin, il me faut pas moins d’une voiture, un train, un métro, un bus et deux jambes. Les 136 km qui les séparent sont ainsi parcourus en 3 heures, chaque matin et chaque soir. Ajoutons ces 6 heures de trajet aux 8 heures de travail quotidien, et vous comprendrez que mes journées sont un petit peu chargées et mon humeur pas toujours au beau fixe lorsque j’emprunte ces différents moyens de locomotion et que je me retrouve confrontée à leurs divers désagréments.

dyn009_original_340_340_gif_389_28a896dee3a36c9e88aaade99aecf96eAinsi, je ne supporte plus le mélange d’odeurs pestilentielles rencontré dans le bus, comprenant relents de transpiration, émanations de malpropreté et effluves de parfums acres et vigoureux.

horloge_10h30Je suis fatiguée de ne subir les retards de trains que lors du trajet « retour ». Toujours à l’heure pour m’emmener travailler, toujours en retard pour me ramener chez moi, … n’est-ce pas une l’injustice ?

QJCAK35YKECA8BOCJ3CAZX8JPICAW73ETFCAZ654O8CACY9J9VCA6E740WCAZU2EEMCA6CLUBECAMYZHAJCARTAWQLCAAFL8BDCAQFYPIKCA93JVIGCAPJMMIVCAHRR3SECAKEZJ8YCAHAMLBLCA0HMZ9ZJe suis agacée de prendre le métro dans la seule station où le personnel est manifestement atteint de graves problèmes auditifs. Les hauts parleurs, réglés comme en discothèque, nous assomment d’une musique branchée tonitruante contrastant avec l’effet si relaxant que pourraient nous procurer les sculptures de fer décoratives implantées tout au long du quai.

poussetteJe bous en voyant toutes ces mères de familles nombreuses vous écraser les pieds et vous cogner les tibias de leur poussette, insistant pour absolument rentrer leur chérubin dans ce bus bondé, peu importe le monde et la place.

bonhomme_neigeDans le train, je m’énerve que l’air conditionné soit automatiquement branché. Quelle que soit la saison, … je suis emmitouflée, et bien souvent gantée. Une écharpe autour du cou, une me protégeant les jambes des courants d’air subits à chaque ouverture de portes, et une posée sur ces foutues grilles d’aération, complètent mon accoutrement. Je ne vous raconte pas le look. Les contrôleurs me connaissent et surtout me reconnaissent sans difficultés, ... même plus besoin de leur montrer mon abonnement.

busvr2Je peste lorsque les vacances scolaires débutent et que les horaires de bus sont allégés. Je n’ai que 33 minutes  pour rallier mon bureau au quai n°12, alors, … avec un passage toutes les 10 minutes, mieux vaut ne pas le louper !

alerteJe tremble dés que retentit le signal sonore, annonciateur d’un message prioritaire de notre contrôleur. Il ne présage que de mauvaises nouvelles, … l’intérêt est seulement de découvrir le temps de retard que l’on va accuser aujourd’hui.

D’un autre côté,

fouleJ’aime me planter en plein milieu du hall de la plus grande gare de Bruxelles (et peut être de Belgique) et observer la masse grouillante de gens qui le traversent. Tous ces gens qui se croisent, se heurtent, qui courent, qui cherchent, qui se dépêchent et qui ne font pas le moins du monde attention à ce qui les entoure tant ils sont concentrés sur l’aiguille du temps, me fascinent. Chaque protagoniste est une identité, une âme, un esprit, une vie qui passe en un coup de vent devant moi et part vers sa destinée. Ce flux d’énergie et de diversité est terriblement enivrant.

TrainJe suis systématiquement en admiration devant la gentillesse du personnel de bord des trains. D’une politesse exemplaire, ils sont d’une patience et d’une douceur avec les passagers énervés, irrités ou franchement grossiers qui les assaillent et les tiennent pour responsable de tous les torts de la SNCB.

dyn007_original_480_343_gif_2677837_2f35328ba09146c66b6bf563260dc411Je suis amusée de côtoyer la jeunesse actuelle dans le bus, accrochée à leur téléphone portable et leur lecteur de musique, les écouteurs branchés, et les pantalons taille-basse sous les fesses. J’observe les rites sociologiques actuels et essaye de décrypter la signification d’une accolade, d’une poignée de main, d’une bise ou d’un « boum boum » sur le pectoral gauche. 

gaston_paresseJe suis fière de faire partie du club des « 5h35 ». Les courageux du matin, les lève-tôt du quartier qui, chaque matin, arpentent le quai désert et obscur de notre petite gare. Une solidarité et un respect mutuel s’est installé entre nous, même si j’ose dire, que je ne suis pas la plus loquace. A cette heure-là, vous ne risquez pas d’entendre autre chose qu’un faible « bonjour » à peine marmonné. Cela dit, il faut nous voir, « mépriser » (façon de parler) les usagers du « 05h56 » que nous sommes contraints de côtoyer lors de l’annulation de notre « 5h35 » … pfff, des fainéant, des paresseux, voilà ce qu’ils sont !